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 51e anniversaire de l'Indépendance : 5 juillet 1962, une date au fronton de l'Histoire

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Jamel
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MessageSujet: 51e anniversaire de l'Indépendance : 5 juillet 1962, une date au fronton de l'Histoire   Jeu 4 Juil - 7:41



Dossier

51e anniversaire de l’Indépendance : 5 juillet 1962, une date au fronton de l’Histoire

Publié le 3 juillet 2013



Le 5 juillet n’est pas une date anodine pour les Algériens. Sa simple énonciation évoque aussitôt un anniversaire inscrit au fronton de l’histoire. Elle reste, malgré tout, le symbole d’une reprise en main de leur destin contrarié par les vicissitudes de l’Histoire.

 
Etre indépendant, c’était briser les chaînes de l’oppression, cesser surtout d’être un indigène et rompre avec leur condition d’infra-humain pour accéder au statut d’Homme. Pouvait-il être désigné ainsi celui qui ne pouvait se déplacer librement dans son propre pays, celui qui était privé d’instruction et de soins ? De tous ces prétendus bienfaits de la colonisation. Vivre le 5 juillet 1962, c’est voir le rêve transmis de génération en génération prendre forme et se réaliser. Il fut un temps où l’Algérien était privé de son drapeau, du moindre attribut de souveraineté. Il était rattaché à un pays qui ne présentait que sa face hideuse qui se laissait défendre par Le Pen et reniait Sartre et ceux qui avaient pris tôt conscience que ceux qui maintenaient contre vents et marées la colonisation avaient perdu conscience.

Ceux qui ont vécu l’événement, il y a déjà un peu plus de cinquante ans, restent encore marqués par l’ivresse collective du peuple, heureux de se libérer. En quelques jours, les rues des villes et villages dans tout le pays étaient devenues des arènes pour laisser exploser une immense joie. On saluait dans une débauche de sons et de couleurs l’avènement d’une liberté chèrement acquise. Elle ne fut pas un simple transfert formel de souveraineté. Au prix d’emprisonnement, de tortures, d’exécutions sommaires et de destructions de mechtas, le peuple avait tous les droits de saluer l’aube naissante. C’était d’abord sa victoire qu’il tenait à célébrer dans une communion totale. Face aux protagonistes de la crise qui se chamaillaient alors sur le pouvoir, n’a-t-il pas rappelé dans un slogan partagé que « sept ans, ça suffit ». L’indépendance de l’Algérie ne fut pas octroyée mais arrachée. Cela explique pour une large part encore ce patriotisme à fleur de peau des Algériens et ce refus de toute forme de « hogra ».

La décolonisation ne fut pas rien pour les Algériens. Leur révolution a eu une résonance internationale et demeura longtemps un exemple à suivre, une référence pour les autres peuples. L’affirmation de Fanon, qui écrivit dans « Les Damnés de la terre » « qu’elle modifie fondamentalement l’être transformé de spectateur écrasé d’inessentialité en acteur privilégié », s’applique à eux. Ils sont sortis de la longue nuit coloniale, pour reprendre Ferhat Abbas, pour se laisser balayer par les faisceaux lumineux de l’histoire. La nouvelle génération, celle qui n’a pas connu la condition de sous-homme dans son propre pays, juge seulement les résultats d’un mouvement. Elle s’intéresse et sonde moins ses raisons. Elle a aussi des impatiences et des colères qui, partout, font avancer l’histoire. Il suffit pourtant pour chacun de nous de se remémorer cette simple phrase de nos aïeux. Ils rêvaient seulement de devenir indépendants quitte à se nourrir de plantes. A elle seule, elle résume la valeur d’un capital symbolique qui garde, malgré les outrages du temps et des hommes, son inestimable valeur Toute la culture algérienne à travers la chanson et la littérature notamment, a immortalisé ce rêve qui paraissait alors inaccessible. La réalité, depuis, ne fut pas sans doute toujours à la hauteur des espérances. Des réalisations et des progrès ont été accomplis. Des idéaux ont été aussi reniés, des promesses non tenues. La colère et les frustrations sont désormais algériennes. Etre indépendant c’est peut-être et avant tout cela. Pouvoir se dire entre nous ce qui ne va pas. Comme dans une famille qui n’accepte pas les intrusions des autres et retrouve ses réflexes d’unité à la moindre alerte.
 
Rachid H.
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Jamel
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MessageSujet: Si Djamel officier de l'ALN dans la Wilaya IV : «L'OAS voulait transformer la fête de l'indépendance en un deuil national»   Ven 5 Juil - 9:33



Dossier

Si Djamel officier de l’ALN dans la Wilaya IV : « L’OAS voulait transformer la fête de l’indépendance en un deuil national »
 
Publié le 3 juillet 2013



Ahmed Benaï, dit Si Djamel, est un officier de l’ALN qui a rejoint le maquis très jeune en 1957. Arrêté en octobre 1961 par les « bleus », sur dénonciation, en plein Alger, il fut libéré après le cessez-le-feu. Dans cet entretien, il livre son témoignage sur les évènements ayant émaillé la période allant d’avril 1962 jusqu’au jour de l’indépendance. Comme il le souligne, cette période fut exceptionnelle pour le peuple en passe de recouvrer sa liberté ainsi que pour les djounoud de l’ALN et les éléments de l’OCFLN, dont les difficiles et périlleuses missions étaient de préparer le référendum de l’autodétermination, tout en veillant à ce qu’il se déroule sans incident, d’autant plus que les criminels de l’OAS et leurs sympathisants dans l’armée coloniale promettaient alors de mettre le pays à feu et à sang.

 
Où étiez-vous exactement le 5 juillet 1962 ?
 
J’étais dans la ville de Cherchell, dépendant territorialement à l’époque de la région III, zone IV de la Wilaya IV historique. Cette cité fut le lieu de convergence de milliers de citoyens, venant de toutes les localités environnantes pour célébrer la liberté retrouvée et l’indépendance de notre nation. Pour la circonstance, j’ai mis ma plus belle tenue de parade militaire. L’ambiance fut euphorique.
 
Parlez-nous justement de l’ambiance ayant émaillé les premières heures de la naissance de la République algérienne indépendante ?
 
Il n’y a pas de mots suffisamment intenses pour décrire cette joie et la liesse des Algériens. C’est un sentiment que je n’ai pas vécu avant cette journée, ni même après. Il faut vivre l’évènement pour savourer véritablement ce que c’est le sens de la liberté et de vivre souverainement sur la terre de ses aïeux, confisquée 132 ans durant par une force coloniale d’une rare sauvagerie. Quand bien même les foules en liesse étaient fort nombreuses, il n’en demeure pas moins qu’on n’a recensé ce jour-là aucun incident notable. Il faut dire que l’état-major de la Wilaya IV, à l’époque commandée par le colonel Si Hassene (Youcef Khatib), a donné des instructions pour qu’on organise des défilés et des parades militaires à travers toutes les villes principales relevant de son territoire de compétence et encadrer les populations locales pour éviter tout débordement ou incident pouvant perturber la première fête de l’Algérie indépendante. Tout c’est déroulé comme prévu à Cherchell. Dès l’aube, les ruelles et placettes de la ville ont été prises d’assaut par les citoyens affluant sur fond de slogans et de chants patriotiques louant l’indépendance, qui ont fait vibrer d’émotion les 150 djounoud de l’ALN formant la compagnie ayant exécuté le défilé militaire.
 
Quels étaient les échos qui vous parvenaient d’Alger, en ce jour d’indépendance, d’autant que de fortes rumeurs circulaient à propos de probables attentats que l’OAS comptait perpétrer ?
 
Effectivement, cette menace, prise d’ailleurs très au sérieux par l’état-major de la Wilaya IV, a plané ce jour-là sur Alger. On redoutait que l’OAS dans un ultime sursaut de lâcheté commette des attentats pour compromettre dans le sang les grandioses festivités qui se déroulaient dans une ville hautement symbolique qu’est Alger. Toutes les précautions ont été prises pour faire face à toute éventualité fâcheuse. Comme prévu donc, le peuple a célébré comme il se doit sa fête d’indépendance. Les membres de l’ALN ont sillonné les rues d’Alger. Le grand défilé militaire a entamé sa procession de la place des Martyrs en arpentant le quartier de Bab El Oued avant d’aboutir à Sidi Fredj, endroit où a eu lieu le débarquement coloniale en 1830. Sur place, une cérémonie a été organisée et les couleurs nationales ont été levées pour la première fois à l’endroit même où était érigée une stèle glorifiant l’invasion française. Cette cérémonie a ému tous les Algériens.
 
Comment avez-vous vécu les tensions précédant le départ des Français de l’Algérie ?
 
Le 19 mars 1962, j’étais détenu au centre militaire d’internement (CMI) à Ouargla depuis le 24 février de la même année, date de mon transfert avec un autre officier de la Wilaya IV, Si Abdeslam en l’occurrence, de la sinistre villa Jaillis d’Alger, un centre de torture où on a passé 141 jours. A notre arrivée, nos frères prisonniers de la Wilaya VI, nous ont annoncé que les négociations engagées par la délégation du GPRA avec les Français vont aboutir bientôt à la proclamation d’un cessez-le-feu. Comme convenu dans les accords d’Evian, l’armée coloniale a commencé à libérer les détenus par vagues. Dans le CMI où j’étais prisonnier, il ne restait que quelques moudjahidine. Vers le 15 février, j’avais demandé à voir le responsable du CMI pour protester contre notre détention arbitraire en violation des termes des dispositions du cessez-le-feu. Pour toute réponse, il nous a fait savoir que compte tenu de notre statut d’officier on allait être les derniers à être libérés. Neuf jours après, nous étions libres. Arrivés à Alger, Si Abdeslam et moi avions pris l’autocar de l’aéroport de Maison-Blanche qui nous a déposés à proximité de la gare ferroviaire. Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, les rues d’Alger, d’habitude si grouillantes, étaient presque vides de monde. La raison de ce bouleversement nous a été donnée par un chauffeur de taxi qui nous a pris en course jusqu’à Kouba. Il a été d’ailleurs étonné de nous voir à cet endroit. Pour lui, nous étions inconscients, car les tueurs de l’OAS étaient partout en train de mener une chasse aux Arabes. Cet épisode n’était qu’un avant-goût de ce qui nous attendait. Affecté comme responsable de la région de Koléa, le frère Si Abdeslam a été assassiné quelque temps après par des militaires français, ralliés aux thèses de l’OAS, suite à son arrestation dans un barrage dressé à El Achour. Moi aussi, j’ai failli être tué à Sidi Rached dans la wilaya de Tipasa, n’était l’intervention de la population locale. A cet époque, j’étais officier responsable de la logistique et de l’approvisionnement de la région III, zone IV, Wilaya IV. Un jour, mes supérieurs m’ont chargé d’effectuer une mission d’inspection dans la ville de Tipasa, en compagnie de mon frère de lutte, Tabraoui Ali. Armés de pistolets et à bord d’une voiture civile, tôt le matin, nous avions pris la route de la localité de Bourkika. Arrivé à l’intersection de Sidi Rached, nous avons été surpris de voir des militaires dresser un barrage, chose inadmissible depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, puisque c’était aux gendarmes d’accomplir ce genre de tâche. En dépit de nos protestations énergiques, l’officier du barrage n’a rien voulu entendre, il nous a obligé à le suivre dans sa caserne, située dans une ferme non loin du lieu de notre arrestation, soi-disant pour vérifier nos papiers. Avant d’arriver à la ferme, j’ai alerté un groupe de citoyens qui étaient alors à proximité de notre route. Quelques instants après, des dizaines de nos concitoyens s’étaient rassemblés devant la caserne pour exiger notre libération. Devant la tournure des événements, l’officier nous a conduits au siège de la gendarmerie de Sidi Rached. Là aussi, une foule nombreuse a investi les lieux. Finalement nous avons été tous les deux relâchés. Suite à ce guet-apens, j’ai rédigé un rapport détaillé que j’ai transmis par la suite aux responsables de la région en charge de veiller à l’application des accords de cessez-le-feu.
 
On raconte aussi qu’à cette période une bataille a failli opposer des moudjahidine à un détachement de l’armée française à Nador, bourgade située non loin de Tipasa...
 
S’il y a un évènement qui illustre le climat délétère qui a régné en cette période de cessez-le-feu, l’épisode de Nador en est l’un des exemples les plus illustratifs. Tout a commencé lorsqu’un groupe de militaires français s’était rendu dans la ferme d’un colon pour l’aider à déménager et retourner en France. Mises au courant, les forces de l’ALN de la région ont rapidement encerclé la résidence du colon et les soldats français qui étaient en ce moment à l’intérieur. Après un court accrochage entre les forces en présence, le combat s’est achevé par le départ du colon, sans ses biens, avec seulement une valise.
 
Parallèlement à ces évènements, les éléments de l’ALN et de l’OCFLN préparaient le référendum qui allait se dérouler le 1er juillet 1962...
C’était une entreprise très difficile de réunir toutes les conditions, tant techniques qu’organisationnelles, pour le bon déroulement du référendum, d’autant plus que nous avions la mission de veiller à la sécurité des populations et leur porter assistance, sur le plan de la santé notamment. Dieu merci, cette rude tâche a été menée à bien grâce au concours de tout un chacun. En outre, on a réussi à ouvrir des centres d’assistance aux populations dans les localités qui en étaient dépourvues. Toutefois, il faut reconnaitre que des maires, mêmes certains d’origine française, à l’instar du maire de Sidi Amar, se sont impliqués dans l’organisation du référendum en apportant la logistique nécessaire à son déroulement.
 
Quel message pour ceux qui n’ont pas vécu ces événements ?
 
Cela fait maintenant 51 ans que l’Algérie a arraché son indépendance en consentant un lourd tribut. Les moudjahidine et le peuple en général s’étaient opposés à l’une des plus grandes puissances coloniales d’alors. Leur volonté à toute épreuve et leur sacrifice ont fini par les faire triompher au final. La nouvelle génération doit s’imprégner de cette lutte pour qu’elle préserve la souveraineté nationale et se surpasser pour se construire un avenir meilleur que le nôtre, car personne ne le fera à sa place.
 
A. L.
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MessageSujet: Le Dessin de DILEM   Sam 6 Juil - 17:15

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MessageSujet: Re: 51e anniversaire de l'Indépendance : 5 juillet 1962, une date au fronton de l'Histoire   

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