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 Rita Gorr, mezzo-soprano belge, s'est éteinte à 84 ans

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Petrus.m

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MessageSujet: Rita Gorr, mezzo-soprano belge, s'est éteinte à 84 ans   Mer 25 Jan - 19:28

Rita Gorr, mezzo-soprano belge, s'est éteinte à 84 ans

Nécrologie | LEMONDE | 25.01.12 | 18h11 • Mis à jour le 25.01.12 | 18h11

La mezzo-soprano légendaire, à la voix de stentor, au timbre somptueux et à la très longue carrière, qui chanta beaucoup en effet à Paris et dans les théâtres de région (Bordeaux, Marseille, Nice, Strasbourg, Toulouse, etc.) vient de mourir, en Espagne, où elle résidait depuis de nombreuses années, le 22 janvier, à l'âge de 84 ans.

On associe d'autant mieux Rita Gorr au répertoire français qu'elle prononçait notre langue sans accent (alors que, d'origine modeste, elle ne parlait pas, enfant, le français dont seule la bourgeoisie flamande usait) et qu'elle avait incarné à la scène et au disque, où sa carrière fut également florissante, de nombreux ouvrages lyriques de Massenet (Charlotte dans Werther, Hérodiade), Gounod (Dame Marthe dans Faust) Roussel (Padmâvati), Gluck (Orphée), Saint-Saëns (Dalila de Samson et Dalila) et Poulenc.

De ce dernier, elle assurera la création en France du rôle important de Mère Marie, dans les Dialogues des Carmélites, à l'Opéra de Paris, en 1957 (rôle qu'elle interprète dans la première intégrale discographique de l'ouvrage, chez EMI). A la fin de sa carrière, quand sa voix et son âge ne lui permettaient plus de tenir des tessitures hautes et des rôles de jeunes héroïnes, Rita Gorr devait incarner la vieille prieure des mêmes Dialogues.

On se rappelle l'avoir entendue, à la Salle Pleyel, sous la direction de Michel Plasson, interpréter sa fameuse scène d'agonie, hallucinée et blasphématoire, avec une crudité et une force dramatique extraordinaires. Le disque aura également conservé son interprétation, gravée en 1990 avec Kent Nagano et les forces de l'Opéra de Lyon.

CRUDITÉ ET FORCE DRAMATIQUE

Rita Gorr, de son vrai nom Marguerite Geirnaert, naît le 18 février 1926 à Zelzate en Belgique, à mi-chemin de Gand et de la côte. Elle est révélée en 1946 par le Concours d'opéra chant de Verviers, en Belgique, dont elle remporte le premier prix, avant de faire ses débuts, remplaçant au pied levé une chanteuse souffrante, à l'Opéra des Flandres d'Anvers, dans Fricka, de La Walkyrie, de Richard Wagner (qu'elle interprète, comme cela se faisait alors, en… flamand !).

Cette même année 1949, alors qu'elle avait demandé à passer une audition à l'Opéra de Strasbourg, le directeur, Roger Lalande, lui avait répondu : "Si vous avez une voix bien placée et si vous n'avez pas la prétention de vouloir chanter tout de suite les grands rôles, vous avez une chance de m'intéresser", comme l'a rapporté Georges Farret, auteur d'un joli portrait croisé de Rita Gorr et du baryton Ernest Blanc (Les Telramund de Bayreuth, éditions Autres Temps, 2005, 275 p., 23 €).

Lorsqu'elle paraît devant Lalande, celui-ci voit une jeune femme maigre, au visage peu exceptionnel et aux traits tirés, qui a passé la nuit dans le train. Avant de l'envoyer se reposer, le Strasbourgeois demande à ce qu'elle lui chante tout de même quelque chose. Lorsque la jeune femme entonne l'air "Ne me refuse pas", d'Hérodiade, de Massenet, le directeur se rend compte qu'il a affaire à une voix exceptionnelle et l'engage sur le champ.

Pendant trois saisons, jusqu'en 1952, Rita Gorr chantera à Strasbourg des seconds rôles mais aussi des emplois principaux (Carmen, Dalila, Orphée, etc.). Suivant les prudents usages à l'ancienne, elle y perfectionnera ses rôles avant de les présenter ensuite dans de plus grandes maisons d'opéra.

PREMIER PRIX À LAUSANNE EN 1952

En 1952, Rita Gorr remporte le premier prix, avec félicitations du jury, du Concours international de chant de Lausanne et fait ses débuts parisiens à l'Opéra-Comique (en Charlotte, de Werther) puis au Palais Garnier (Magdalene dans Les Maîtres chanteurs, de Wagner, puis Dalila), où elle chante tous les grands rôles de mezzo-soprano qui marqueront sa carrière.

Elle se produit aussi dans le répertoire baroque (Armide de Lully, Les Indes galantes, de Rameau) et la création contemporaine (Manuel Rosenthal, Henri Tomasi) ou dans les ouvrages rares, tel l'Œdipe de Georges Enesco qu'elle ressuscite à la Radiodiffusion française en 1955.

Mais Gorr, depuis ses débuts, s'était distinguée comme une éminente wagnérienne, répertoire qu'elle chantait dans un allemand aussi parfait que son français, d'une intelligibilité rare.

INCANDESCENCE VOCALE

Elle auditionne pour le Festival de Bayreuth, temple du culte wagnérien, et y débute en 1958, en Fricka, dans L'Or du Rhin, puis, l'année suivante, dans l'Ortrud, de Lohengrin, ou elle paraît au côté du Telramund du baryton français Ernest Blanc (1923-2010), sous la direction de Lovro von Matacic. Cette soirée du 4 août 1959, parue sur disque, grâce au label autrichien Orfeo, en 2006, montre à quel point d'incandescence vocale et dramatique ces deux artistes étaient parvenus.

La carrière de Rita Gorr prendra dès lors son envol et la fera fréquenter toutes les plus grandes scènes lyriques du monde, du Metropolitan Opera de New York, au Staatsoper de Vienne, du Covent Garden de Londres à la Scala de Milan ou sa voix fait chaque fois sensation par sa puissance, sa largeur et la phénoménale richesse de son timbre, en dépit d'un aigu tendu dans les rôles qui exposaient le haut de sa longue tessiture.

Sur le tard, elle chantera les rôles distribués d'ordinaire aux chanteuses en fin de carrière, la Première prieure des Dialogues des Carmélites, déjà citée, mais aussi la Comtesse de La Dame de Pique, de Tchaïkovsky, avec lequel elle fera ses adieux, en 2007, à Anvers, la ville de ses débuts, cinquante-huit ans plus tôt.

Le disque témoigne aussi de l'éminence de cette artiste, qui grava des enregistrements de référence avec de grands chefs pour EMI, principalement, mais aussi Decca et RCA. On préférera sa Charlotte au disque, meilleure que ses incarnations scéniques ou, selon certains qui l'avaient vue sur scène, elle ressemblait, même encore jeune, davantage à la grand-mère de Charlotte qu'à l'héroïne de Werther de Massenet. Son Amneris, d'Aïda, de Verdi, était stupéfiante, ce dont témoigne son fameux enregistrement avec le ténor Jon Vickers et le chef Georg Solti.

Notons aussi son excellente Padmâvati, d'Albert Roussel, sous la direction de Jean Martinon (1969, rééditée par la firme de disques pirates Gala), sa Dalila, avec Georges Prêtre. En sus de ces intégrales d'opéra, il faut signaler la réédition de ses récitals par EMI dans le coffret "Le Chant français", paru en 2003.
Renaud Machart
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C'est une très grande chanteuse, une diva qui vient de disparaitre.
J'avais eu le grand plaisir de la voir dans Sanson et Dalila de Saint Saëns au milieu des années 60, à Strasbourg.
Préalablement j'avais assisté à une master class durant laquelle elle nous montré toute l'étendue de son art avec beaucoup d'humour et de gentillesse. J'avais 17/18 ans.........
Amicalement
Pierre.

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