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 «Bidar, ces musulmans que nous aimons tant» par Alain Gresh

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Jamel
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MessageSujet: «Bidar, ces musulmans que nous aimons tant» par Alain Gresh   Jeu 29 Mar - 5:25



«Bidar, ces musulmans que nous aimons tant»

Par Alain Gresh



Alain Gresh

Mardi 27 Mars 2012


Abdennour Bidar, professeur de philosophie à Sophia Antipolis

« Nous » ne sommes ni hostiles à l’islam ni islamophobes. La meilleure preuve, « nous » donnons la parole à des musulmans qui disent exactement la même chose que « nous » sur l’islam. Bien sûr, ces derniers temps, certains se sont éclipsés. Le dénommé Mohammed Sifaoui a disparu dans la clandestinité, sans doute infiltré dans une de ces nombreuses cellules d’Al-Qaida. Tahar Ben Jelloun et Abdelwahhab Meddeb, ont perdu leur voix : l’un avait oublié de critiquer la dictature de Ben Ali, l’autre reste muet face à la monarchie marocaine.

Heureusement, il ne manque pas de candidats pour occuper cette place du « bon musulman », de celui qui dit ce que nous avons envie d’entendre, et qui peut même aller plus loin encore dans la critique, car il ne saurait être soupçonné, lui qui est musulman, d’islamophobie.

Les Anglo-Saxons ont un joli nom pour désigner ces personnages, « native informant » (informateur indigène), quelqu’un qui simplement parce qu’il est noir ou musulman est perçu comme un expert sur les Noirs ou sur les musulmans. Et surtout, il a l’avantage de dire ce que « nous » voulons entendre : ainsi, en 2003, Fouad Ajami, un Libanais, est devenu célèbre aux Etats-Unis en défendant la guerre contre l’Irak : si même un Arabe le dit, alors… (lire Adam Shatz, « The Native Informant », The Nation, 28 avril 2003).

Ainsi en est-il de Abdennour Bidar, professeur de philosophie à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes). Dans une tribune publiée sur le site du Monde (23 mars) et intitulée « Merah, “un monstre issu de la maladie de l’islam” », il revient sur le drame de Toulouse.

« Depuis que le tueur de Toulouse et Montauban a été identifié comme “salafiste djihadiste”, c’est-à-dire comme fondamentaliste islamiste, le discours des dignitaires de l’islam de France a été de prévenir tout “amalgame” entre cette radicalité d’un individu et la “communauté” pacifique des musulmans de France. (...) Mais tout le mérite de cette réaction immédiate, responsable et nécessaire, ne suffit pas à éluder une question plus grave. La religion islam dans son ensemble peut-elle être dédouanée de ce type d’action radicale ? Autrement dit, quelle que soit la distance considérable et infranchissable qui sépare ce tueur fou de la masse des musulmans, pacifiques et tolérants, n’y a-t-il pas tout de même dans ce geste l’expression extrême d’une maladie de l’islam lui-même ? »

Un salafiste djihadiste ? Bidar ne s’interroge pas sur la signification de ce terme. Est-ce vraiment ce que représente Merah ? Olivier Roy fait remarquer que loin d’être un combattant, il est avant tout un solitaire, un perdant, dont le rapport à la religion semble pour le moins incertain (« Loner, Loser, Killer », International Herald Tribune, 23 mars 2012).

L’islam ? Mais de quoi parle Bidar ? De la religion, d’une histoire de plus de quatorze siècles qui a vu se succéder empires, royaumes et républiques ? Du milliard et quelque de musulmans qui vivent dans des dizaines de pays ? Bidar n’a sans doute jamais lu Edward Said qui faisait remarquer, il y a déjà bien longtemps :

« Quand on parle de l’islam, on élimine plus ou moins automatiquement l’espace et le temps. » Et il ajoutait : « Le terme islam définit une relativement petite proportion de ce qui se passe dans le monde musulman, qui compte un milliard d’individus, et comprend des dizaines de pays, de sociétés, de traditions, de langues et, bien sûr, un nombre infini d’expériences différentes. C’est tout simplement faux de tenter de réduire tout cela à quelque chose appelé islam […]. » (cité dans La République, l’islam et le monde, Fayard).
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